La Revue de l’Entrepreneuriat met à l’honneur nos professeurs Walid Nakara et Maryline Bourdil avec les résultats d’une étude originale sur la création d’entreprise par les anciens détenus !


Les Dr Walid Nakara et Maryline Bourdil sont des enseignants-chercheurs de Montpellier Business School spécialistes de l’entrepreneuriat social et des ressources humaines. Ils viennent de voir publiée dans la Revue de l’Entrepreneuriat l’étude exploratoire qu’ils ont menée à partir de 2012 chargée, face à une rareté de travaux sur ce sujet, de faciliter la compréhension de l’entrepreneuriat chez les anciens détenus.

Cette étude qualitative a été réalisée sur la base de 22 entretiens semi directifs. Pour les deux professeurs, il n’a pas toujours été facile d’aller interviewer d’anciens détenus devenus entrepreneurs ; le terrain d’étude des prisons est généralement difficile d’accès. « Il n’y a rien de tangible ni de vraiment organisé pour ces populations qui ont une vraie problématique d’insertion professionnelle à la sortie de leur peine surtout dans un contexte économique difficile. Notre idée c’était de repérer les caractéristiques des sortants de prison qui ont su s’insérer en créant leur propre emploi », précise le Dr Nakara. « Les rapports annuels du Ministère de la justice rappellent que 61% des détenus en France sont de nouveau réincarcérés dans les cinq ans suivant leur libération, ce qui est énorme par rapport à certains pays européens. Pourtant, certains d’entre eux qui ont le capital confiance suffisant, rebondissent en devenant indépendant au travers de la création d’une entreprise ou une association souvent à vocation sociale. Ils ont dû néanmoins passer par un processus de résilience très fort. C’est une façon pour eux de retrouver une estime de soi et de changer le cours de leur destin sans oublier leurs anciens camarades de prison dont ils sont très solidaires et dont ils portent un rôle de modèle dans l’après prison ! »

Il est un fait qu’il n’existe pas, aujourd’hui en France, pléthore d’organismes qui proposent aux détenus une formation à l’entrepreneuriat… Cela reste des initiatives personnelles, parfois d’anciens entrepreneurs à la retraite qui se rendent bénévolement en prison pour rencontrer des détenus. Pourtant à la question « Est-ce que l’entrepreneuriat pourrait être une solution pour la réinsertion des anciens détenus ? » La réponse de nos chercheurs est oui. « Face aux difficultés des anciens détenus à trouver un emploi salarié, mais aussi face au besoin fondamental de liberté renforcé par la période d’incarcération, l’entrepreneuriat semble pouvoir constituer une solution privilégiée pour certains d’entre eux. Le projet entrepreneurial serait, par conséquent, mis en place pour répondre au besoin de liberté des sortants de prison devenus entrepreneurs », poursuit le Dr Maryline Bourdil.

« La presse écrite de ces derniers jours nous apprend que Pôle Emploi souhaiterait, d’ici la fin de l’année, pousser près de 70 000 chômeurs vers l’entrepreneuriat ! Alors pourquoi pas les détenus ? Notre idée va dans ce sens. N’oublions pas que le chômage impacte positivement le taux d’incarcération et donc le risque de récidive… Au vu du contexte spécifique du milieu carcéral, les pouvoirs publics devraient pouvoir jouer un rôle majeur et soutenir ce type d’initiative », rajoutent les Dr Walid Nakara et Maryline Bourdil déjà sollicités par des associations pour y réfléchir.

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